Spartakus, queer et subversif


Lois anti-sodomie en Iran
July 21, 2007, 10:08 am
Filed under: Anti-sodomy, Death Penalty, Gay, Homophobie, Iran, Peine de mort, Queer

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Lois anti-sodomie en Iran
Date : 20 juillet 2007

Par Hossein Alizadeh et Grace Poore.
Commission des Droits de l’Homme Gays et Lesbiens Internationaux (IGLHRC).

Les lois contre la sodomie (anti-sodomie) en font un crime pour être un acte sexuel non procréatif. Crimes contre-nature, conduites sexuelles déviantes, homosexualité sont des termes utilisés dans les codes criminels partout autour du monde. Pourtant fréquemment, dans le contexte d‘une arrestation et d’un emprisonnement, un acte réel de sodomie n’a pas été commis. La loi est plutôt employée pour viser ceux dont la sexualité défie les normes et contraire aux préférences sociales pour les rapports hétérosexuels. La loi justifie son l’action en débarrassant les «contrevenants» de la communauté.

En même temps, dans la structure de beaucoup de codes pénaux, sinon dans l’esprit du grand public, les lois de sodomie regroupent le viol, l’attentat à la pudeur, l’inceste et l’abus sexuel d’enfants (pédophilie) combinant de ce fait des crimes de violence sexuelle avec des actes de sexualité non procréative. Ces deux groupes sont considérés de la même manière en tant que déviants sociaux. Ils doivent être mis à l’index, punis et, dans le cas de certains pays comme l’Iran, exécutés.

En Iran, un modèle inquiétant qui conjugue viol et sodomie a émergé, laissant LGBT, féministes et défenseurs des droits des homosexuels dépourvus en terme de réponse. Il est assez difficile de défier un gouvernement qui masque son processus criminel et manoeuvre l’opinion publique autour de la sexualité, et qui ajoute à ceci l’exécution publique de jeunes hommes pour cet amalgame et confusion entre sodomie et viol.
Si les associations qui luttent en faveur de droits LGBT organisent une campagne pour lutter contre les accusations contre les homosexuels, ils risquent de mettre en danger d’autres homosexuels dans le pays relayant la rumeur que peut-être des viols sont commis. Si les associations pour les droits des femmes demeurent silencieuses, elles risquent tacitement d’admettre que l’exécution pour viol est acceptable, ignorant cette notion de sexualité homosexuelle.
En outre, si nous remettons en cause l’innocence des hommes accusés, nous courons le risque de capitulation face à la campagne du gouvernement iranien qui effectue ces assassinats homophobes. Si nous assumons leur innocence et si nous les défendons, nous oeuvrons en faveur de la polarisation culturelle contre les victimes du viol dont on dénie habituellement l’accusation.

Les autorités iraniennes semblent satisfaites d’afficher publiquement ses lois en tenant compte de la punition contre les lesbiennes et les homosexuels. Il y a une semaine le porte-parole de l’ordre judiciaire iranien a annoncé que dans les jours à venir 20 criminels seront pendus à Téhéran pour multiples frais, y compris le viol et la sodomie (Agence ISNA, 10 juillet 2007). Ceci fait écho à l’affaire du 19 juillet 2005 où deux adolescents, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, ont été pendus en public pour sodomie. Les deux adolescents étaient mineurs lors de leur arrestation, et encore mineurs à l’heure de leur exécution.

Le code pénal iranien considère comme les rapports sexuels entre personnes du même sexe comme un crime punissable par la mort pour les hommes et par des coups de fouet pour les femmes (Code pénal islamique d’Iran, article 108-134). N’importe quel homme reconnu coupable d’acte sexuel pénétratif avec un autre homme doit être tué, que les partenaires soient consentants ou pas. Que l’un soit mineur ou l’autre adulte n’est pas pris en considération (Code pénal islamique de l’Iran, article 108).

En revanche, le deuxième tome du Code pénal islamique, qui couvre toutes les formes de crimes sexuels, reste silencieux au sujet du viol entre personnes mariées. Et le viol d’un mineur est un crime seulement si l’acte sexuel est hors relation sanctionnée religieusement. Par exemple, un homme adulte qui force une jeune fille de neuf ans n’est pas considéré comme avoir commis un crime si le père de la victime assure que le violeur va épouser sa fille.

La loi exige également que toutes les plaintes pour crimes sexuels soient accompagnées d’au moins quatre témoins masculins adultes. Dans les cas où ceux qui portent plainte pour viol et ne fournissent pas ce que la cour considère comme les preuves requises, ils sont punis. (Code pénal islamique d’Iran, Section 5, Livre 2, Chapitre 2, articles 139-164). Donc, les lois qui régissent le viol et les abus sexuel rendent presque impossible à beaucoup de victimes de venir demander justice.

Étant donné l’ambiguïté du code pénal d’Iran sur l’abus sexuel et le viol sur enfant, et vu que dans la plupart des cas annoncés, les malfaiteurs allégués de viol et/ou d’abus d’enfant (pédophilie) sont également reconnus coupable de sodomie, il n’est pas possible de déterminer si les personnes condamnées sont vraiment coupables d’offenses sexuelles, ou si elles sont pénalisées pour homosexualité. En outre, dans le cas de l’Iran (et également d’autres pays comme la Malaisie), il est difficile de savoir si les personnes accusées de sodomie sont vraiment homosexuelles ou sont considérées par le gouvernement comme étant homosexuelles. Dans les cas récents rapportés par l’IGLHRC, les autorités iraniennes n’ont pas présenté publiquement les quatre témoins masculins condamnés, de ce fait éveillant nos soupçons sur ces pratiques courantes qui sont de débarrasser la société des lesbiennes et des homosexuels, et de provoquer la crainte publique.

Prenons l’exemple d’Ali-Akbar Saidi Sirjani, l’auteur iranien bien connu, qui a été arrêté et tué en 1994 par les autorités iraniennes. Il a été accusé de plusieurs «crimes de moralité» y compris l’homosexualité. Son cas est un exemple de la façon dont les autorités iraniennes utilisent la loi contre la sodomie pour discréditer et enfermer leurs adversaires politiques.

L’exécution des êtres humains est inhumaine et illégale au regard de droits de l’homme. L’abus sexuel et le viol d’enfants sont des crimes répréhensibles et honteux. L’IGLHRC ne croit pas que la condamnation de l’un est antithétique à la condamnation de l’autre. Tous deux font partie d’un plus grand système d’oppression.

Une activiste des droits des femmes en Iran qui utilise le pseudonyme Azzadeh (qui signifie liberté) observe : «Toutes sortes de personnes sont exécutées. Toutes sortes de personnes sont emprisonnées. Nous avons des personnes du mouvement des femmes, du mouvement des étudiants, du mouvement ouvrier, des employés des transports, du mouvement des professeurs. Tous ceux qui luttent pour des droits civiques, les uns après les autres sont arrêtés. Les passeports sont repris, les activistes ne peuvent pas partir du pays. C’est comme un endroit où une bombe tombe et les gens courent partout, en essayant ainsi ne pas être touché et cela, pour survivre.»

C’est un moment important pour nous tous de se réunir, pour confronter les nuances et les ambiguïtés, et pour trouver la façon de s’exprimer sur ces atrocités. Car pour nous, défenseurs de droits de l’homme, il en va de notre mandat. En tant qu’êtres humains nous n’avons aucun autre choix.

Hossein Alizadeh est coordonnateur des communications d’IGLHRC et homosexuel iranien. Grace Poore est chercheuse à l’IGLHRC, correspondante politique pour l’Asie et les îles Pacifiques et avocate féministe malaisienne.

IGLHRC
80 Première Ruelle, suite 1505
New York, NY 10038
Téléphone : 212.268.8040
Fax : 212.430.6060
email : iglhrc@iglhrc.org


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