Spartakus, queer et subversif


Pegah : L’Angleterre joue avec nos nerfs, Hans Gert Pöettering contraint d’écrire à Gordon Brown

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Bruxelles, 30 août 2007.
Le président du Parlement Européen, Hans Gert Pöettering, a accepté de prendre en considération le cas de Pegah Emambakhsh, la lesbienne iranienne qui risque l’expulsion du Royaume-Uni vers Iran.
Après une proposition de l’Italien Giusto Catania (PRC), Membre du Parlement Européen (MEP), qui représente le groupe parlementaire “European United Left / Nordic Grenn Left” (GUE/NGL), faite aujourd’hui lors de la “Conférence des Présidents”, Hans Gert Pöettering a écrit directement à Gordon Brown, le premier ministre britannique.
La proposition a été soutenue par Graham Watson, le président du groupe libéral au Parlement Européen.
Le “British Home Office” refuse toujours d’accepter l’asile de Pegah Emambakhsh.
“Elle risque violences et tortures physiques, et sans aucun doute la mort, en raison du refus de Londres de lui accorder le statut du réfugiée politique pour “discrimination sexuelle””, a expliqué le GUE/NGL dans un rapport, ce soir.

Giusto Catania rajoute : “Hans Gert Pöettering a le devoir de convaincre Gordon Brown que l’expulsion de Pegah vers l’Iran constituerait une violation sérieuse des droits de l’homme et des conventions internationales et apporterait la honte non seulement sur un pays comme la Grande-Bretagne mais également sur l’Union Européenne dans son ensemble.”
“J’ai suggéré au Président qu’il souligne la bonne volonté de l’Italie d’accueillir Pegah
Emambakhsh qui n’est coupable d’aucun crime. Nous soutenons fortement Pegah et je suis sûr que tous les Parlementaires Européens vont continuer à suivre son cas très de près”, conclut Giusto Catania.
Traduit de UK Gay News
NB : Pegah Emambakhsh est toujours en détention.

À lire : “The case of Pegah Emambakhsh and the new frontiers of Human Rights” par Roberto Malini



La France accorde une carte de résident de 10 ans à Hamid, le jeune réfugié homosexuel iranien

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Dans une lettre adressée à David Auerbach Chiffrin, le président de l’association Tjenbé Rèd, Thierry Coudert, directeur de cabinet au Ministère de l’Immigration, confirme que la France a accordé à Hamid, le jeune réfugié homosexuel iranien, une carte de résident valable 10 ans.

République française
Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Codéveloppement

Le directeur de cabinet
Paris, le 23 août 2007

Monsieur le Secrétaire général,

Par un courrier du 31 juillet dernier, vous avez attiré mon attention sur la demande d’asile déposée par un ressortissant iranien, prénommé Hamid, contraint de quitter son pays en raison de son orientation sexuelle. Sur un plan plus général, vous demandez des éclaircissements sur la position de notre Ministère concernant les ressortissants étrangers présents en France et qui risqueraient, en cas de retour forcé vers leur pays, de se trouver exposés à des menaces ou à des persécutions au seul motif de leur homosexualité.

Sur le premier point, j’ai le plaisir de vous informer que l’intéressé, qui a été entendu le 2 août dernier par l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), s’est vu reconnaître la qualité de réfugié et remettre, en cette qualité, une carte de résident valable dix ans. Dès lors, il n’encourt plus aucun risque de retour forcé vers son pays.

D’une façon générale, je puis vous confirmer que les risques de persécutions encourus dans le pays d’origine à raison de l’orientation sexuelle figurent bien évidemment, au même titre que d’autres types de risques, parmi les motifs susceptibles d’ouvrir droit au bénéfice du statut de réfugié. Une telle décision est prise souverainement par l’OFPRA, au terme d’un examen individuel, sous le contrôle juridictionnel de la commission de recours des réfugiés.

Tels sont les éléments que je souhaitais porter à votre connaissance.

Je vous prie de croire, Monsieur le Secrétaire général, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Thierry Coudert

ATTN : Monsieur David Auerbach Chiffrin
Secrétaire général de l’Association Tjenbé Rèd
113, boulevard Voltaire
75011 Paris

Nous remercions, avec gratitude, toutes les personnes à l’origine de cette décision, les membres du cabinet ministériel qui ont oeuvré en faveur du cas d’Hamid, les fonctionnaires de l’OFPRA, et le ministre Bernard Kouchner qui fit faire le 26 juillet 2007, une déclaration de presse avec convocation de l’ambassadeur d’Iran pour y condamner les exécutions d’homosexuels. La France, ici, a eu une attitude émérite à l’égard du réfugié homosexuel (après une âpre lutte des activistes), en considérant les risques encourus par Hamid dans son pays d’origine, l’Iran, risques encourus (flagellation et pendaison) à cause de son orientation sexuelle.
Merci à Act-Up, à Tjembé Rèd, aux Panthères Roses et à Tapages 67.



Desnudo Words – Ricky Martin
August 30, 2007, 9:10 am
Filed under: 2007, Erotic Video, Erotism, Gay, Male Nude, Ricky Martin, Vidéo


Solidarité homosexuelle : Les Bangas de Tjenbé Rèd

Communiqué de Tjenbé Rèd : Jeunes LGBT à la rue – Tjenbé Rèd interpelle les pouvoirs publics et lance le programme «Les Bangas de Tjenbé Rèd»

Paris, le jeudi 30 août 2007
En juin dernier, le magazine Têtu évoquait les jeunes personnes SDF lesbiennes, gaies, bi & trans (LGBT), mises à la porte ou menacées par leurs familles. Depuis quatre mois, ce fait de société est notre réalité. Fondée le 1er mai dernier seulement, l’association Tjenbé Rèd a en effet déjà reçu plusieurs appels au secours de jeunes LGBT d’origine antillaise ou africaine. Les circonstances sont souvent les mêmes : ces jeunes commencent à vivre leur propre vie, leurs familles fouillent leurs chambres et découvrent des lettres ou des magazines ; parfois des menaces de mort plus ou moins voilées sont proférées ou l’expulsion du domicile familal est prononcée. Aujourd’hui, Tjenbé Rèd héberge ainsi deux jeunes d’une vingtaine d’années. Problème : elle n’a pas à ce jour les moyens de pérenniser ce soutien. Elle doit les trouver d’urgence.

Ce constat renforce notre exigence de politiques publiques contre les homophobies, contre les suicides de personnes LGBT, pour le soutien aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles. En attendant que les pouvoirs publics s’impliquent, nous lançons notre propre programme communautaire : «Les Bangas de Tjenbé Rèd». Une banga, c’est une maisonnette provisoire qui permet aux jeunes Mahorais de quitter progressivement le domicile familial et d’entrer à leur rythme dans leur propre vie. Notre intention est ainsi de permettre, autant que possible, aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles d’éviter la rue et d’échapper notamment à la prostitution forcée. En ce sens, nous lançons un double appel :

1°/ Aux jeunes personnes LGBT concernées, afin qu’elles nous fassent davantage encore part de leurs témoignages et de leur besoins pour que nous puissions les aider d’abord, nous faire ensuite un avis le plus précis possible de leur réalité.

2°/ Aux personnes LGBT ayant les moyens de nous soutenir matériellement (une chambre d’amiEs ou un clic-clac dans le salon à mettre à disposition pendant 24 heures, une semaine, trois mois…), moralement (un peu de temps à donner ou une oreille à prêter…) ou financièrement (des sous pour payer une chambre d’hôtel, à manger, des tickets de métro…) afin que nous puissions accompagner ces jeunes personnes et organiser autour d’elles un véritable réseau de solidarité destiné à casser d’emblée la spirale de dégradation dans laquelle elles pourraient, encore sous le coup de la récente brutalité de leur famille biologique, entrer.

Contactez-nous au 06 10 55 63 60, par courriel à l’adresse contact@tjenbered.fr, par MSN à la même adresse électronique ou par courrier (Association Tjenbé Rèd, c/o David Auerbach Chiffrin, 113, bd Voltaire, Paris XIème).
N’hésitez pas : c’est pour une urgence.



Message de Friends of Pegah Campaign
August 29, 2007, 10:09 am
Filed under: 2007, Emambakhsh, Féminisme, Gay, Iran, Lesbian, Lesbianisme, LGBT, Pegah, Pegah Emambakhsh, Prison, Prisoner, UK

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Message aux associations, aux groupes et aux amis de Pegah Emambakhsh
29/08/2007 de lamanicatagliata.com

Pegah Emambakhsh a donné plein mandat au bureau d’étude qui s’occupe de son cas au Royaume-Uni.
Pour l’heure nous devons attendre et baisser le ton.

«Friends of Pegah Campaign», «Les amis de campagne de Pegah», l’association qui traite les intérêts de Pegah Emambakhsh à Sheffield, Royaume-Uni, demande à l’organisation des droits de l’homme «Every One Group» de communiquer ce message aux institutions, aux organismes, aux associations et aux activistes, avec prière de suivre scrupuleusement les demandes formulées.
En premier lieu les «Les amis de campagne de Pegah» souhaitent remercier tous ceux qui ont pris l’initiative, organisations, activistes ou autres institutionnels, de participer activement à la campagne en faveur de Pegah Emambakhsh. Les fruits de leur engagement sont d’une valeur humaine incalculable. Suite à la rencontre avec le personnel du Ministère Public qui traite de Pegah Emambakhsh, hier matin, 28 août 2007, et suite à la présentation du cas à l’Agence des Frontières et d’Immigration par une partie de l’équipe juridique qui la représente, nous déclarons être totalement satisfaits de la «représentation légale et politique».
Pour que cet appui extraordinaire se perpétue dans une atmosphère sereine, marquée par le respect de la dignité, pour un développement régulier du processus, nous sommes certains que vous aurez tous la courtoisie et un comportement d’une délicatesse extrême lors des prochains développements, respect nécessaire pour le cas de Pegah Emambakhsh : nous devons respecter la procédure et les décisions et stratégies de ses avocats représentants. Maintenant nous devons être patients avant de connaître les prochaines évolutions et nous pensons qu’une publicité supplémentaire n’est pour l’heure ni utile ni nécessaire au cas de Pegah.
Naturellement nous vous tiendrons informés constamment de tous les développements chaque fois que ce sera possible. Nous sommes immensément reconnaissants de la ferveur et des actions exceptionnelles en faveur de Pegah Emambakhsh : votre appui s’est avéré essentiel.
Merci à chacun de vous.
Les amis de campagne de Pegah (Royaume-Uni)



Pegah : L’Angleterre ne cède pas et demande des preuves de son homosexualité
August 28, 2007, 6:43 pm
Filed under: 2007, Emambakhsh, Iran, Lapidation, Pegah, Pegah Emambakhsh, Sadism, UK

Article en Italien : La Manica Tagliata
Traduction Google en anglais



Interview de Pegah Emambakhsh – Plutôt mourir que retourner en Iran

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Interview de Pegah Emambakhsh : Plutôt mourir que retourner en Iran
La Repubblica, 26 agosto 2007
Auteur: Paola Coppola
Titre: «Meglio morire che tornare in Iran»

Pegah Emambakhsh a peur. Elle sait que raconter son histoire peut lui coûter la vie. Elle l’a fait devant un juge et on ne l’a pas cru. Et toujours redire qu’elle ne veut pas retourner en Iran, revivre une expérience terrifiante : l’évasion, une attente de deux ans, le rêve d’une vie vécue à la lumière de son homosexualité, puis la prison et la terreur de revenir dans ce pays où elle a laissé deux fils, nés d’un mariage forcé, et le souvenir de son ancienne compagne, qu’il a été arrêtée, torturée et condamnée à la lapidation. Pegah est éprouvée. Le 13 août, elle a été incarcérée au centre de détention de Yarls Wood près de Sheffield, où elle a tenté de s’ôter la vie. Elle est fatiguée, mais depuis quelques jours, elle a recommencé à espérer que finalement, mardi prochain, elle ne montera pas dans cet avion de la British Airways en direction de Téhéran.
Cela fait deux ans qu’elle est déchirée entre le désir de vivre dans un pays libre et la crainte de devoir retourner en Iran. Comment a-t-elle vécu, jusqu’ici, cette attente ?
«Je suis fatiguée. Au début, j’étais pleine d’espoir, même si j’étais préoccupée pour mon père et que mes fils me manquent. J’avais appris que le Royaume-Uni était un pays ouvert, un pays qui reçoit tout le monde. Par conséquent, j’ai décidé de venir ici et j’ai demandé l’asile. À Sheffield, j’ai trouvé des amis qui m’ont aidée. De temps en temps, il m’a semblé que tout allait pour le mieux et que ma demande allait être acceptée, à d’autres moments, ils me disaient l’inverse, que le Home Office ne m’avait pas cru et qu’ils me forceraient à retourner en Iran. En ces moments-là, j’ai désiré mourir.»

Selon toi, pourquoi, est-ce qu’ils ne t’ont pas cru ?
«Je ne le sais pas. Je me suis échappée parce que je suis une femme lesbienne, parce que j’avais moi-même de l’amour pour une autre femme et que c’était de plus en plus difficile de nous cacher. Puis elle, elle a été arrêtée. Là, si je ne m’étais pas trouvée dans cette situation, je ne serais pas partie, parce que je suis très attachée à ma terre et que je voulais le bonheur de mes fils. Eux, ici, ils voulaient des preuves, mais je ne savais pas quelles preuves apporter».
As-tu eu des nouvelles de ta compagne après son arrestation ?
«Oui. elle a été interrogée et condamnée à la lapidation, parce qu’elle a été jugée comme une femme immorale. J’ai toujours beaucoup de mal à parler d’elle».

Sur son cas un mouvement a été créé : beaucoup de personnes, des proches, ont souffert avec elle, ont protesté, ont envoyé de lettres au Home Office, aux gouverneurs, aux ambassades. Ils demandaient au Royaume-Uni de lui accorder l’asile parce que cela leur semblait juste.
Tu as du te sentir moins seule ?
«Oui, ces voix m’ont aidée à espérer toujours plus. Mais quand ils m’ont emmenée à Yarls Wood, je n’ai fait que penser à la mort. Je n’ai plus eu de foi et j’ai souhaité mourir pour ne pas retourner en Iran où quelque chose m’attendait, de beaucoup plus dur, et de beaucoup plus douloureux que la mort. Je crois en la bonté de Dieu et à un moment, est arrivé un miracle.
»
«Pegah», m’a dit un jour au téléphone, un de mes amis, «tout le monde parle de toi. Un mouvement est né qui demande à te sauver la vie. Ton nom est dans journaux, sur Internet, ton nom est dans la bouche de tous». Tant de personnes se sont intéressées à moi, même un membre du Parlement anglais ! J’ai non seulement découvert avoir des amis dans les mouvements anglais pour les droits des homosexuels, mais également en Italie. La personne qui me suit ici et qui m’aide à Sheffield a donné un nom pour ces personnes : Friends of Pegah Campaign, Les Amis de campagne de Pegah.
En Iran les homosexuels sont obligés de se cacher parce que s’ils sont découverts, ils risquent la torture, et la douleur de cent coups de fouet et, s’ils récidivent, c’est la lapidation ou la pendaison.»
Les gays et les lesbiennes iraniens suivent son cas avec ferveur et ils la considèrent comme un symbole.
Que ressens-tu en pensant à eux ?
«Souci et angoisse. J’espère seulement que les choses vont changer, que les lois vont changer».
As-tu un message pour les autorités qui peuvent accorder asile aux homosexuels ?
«De sauver leur vie ».
Elle a été condamnée en raison de sa façon d’aimer, seulement parce qu’elle est differente de celle de la majorité. Elle a eu le courage de le dire à tout monde.
Que représente pour toi l’amour ?
«C’est la chose la plus importante. Grâce à l’amour, la plupart des hommes et des femmes créent une famille et réalisent leur vie. Ce fut l’amour qui a guidé ma vie et quoi qu’il arrive, ce sera l’amour qui me guidera.».
Si ton épreuve se conclut favorablement et que tes droits sont reconnus, as-tu déjà pensé au futur, et quels rêves voudrais-tu réaliser ?
«Je voudrais marcher au milieu des gens, m’observer au dessus de mes épaules, et répéter à l’intérieur de moi-même :
Je suis libre.»

Traduction HJL, 27 août 2007.
Merci au Groupe Every One, merci à La Manica Tagliata.

Compte-rendu du sit-in de Rome par Michael Petrelis
Vidéos du sit-in de Rome