Spartakus, queer et subversif


Iran : Dissidents, homosexuels, meurtres à la chaîne

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Nous devons rappeler qu’une grande vague d’épuration morale et politique eut lieu en Iran de 1996 à 2001 (… jusqu’à ce jour). Appelée “Chain Murders of Iran”, cette terrifiante chasse aux opposants fit de nombreuses victimes. Ainsi, les fondateurs du parti laïque “Mellat Iran”, Dariush Forouhar et sa femme Parvaneh Eskandari Forouhar furent assassinés dans leur maison en 1998. D’autres ont suivi, notamment un accident d’autobus en Arménie tua 21 journalistes. Un coupable fut désigné, Saeed Emami, personnage sombre qui appartenait aux services secrets et qui fut lui-même éliminé en 1999 par empoisonnement, en prison. Parmi les victimes de cette “Chain Murders”, il y eut également Ahmad Tafazzoli, historien assassiné en 1997, et Mohammad Mokhtari, assassiné en 1998.

Des homosexuels célèbres furent victime de cette chasse à l’immoralité. D’abord Fereydoun Farrokhzad, poète et chanteur homosexuel et figure de l’opposition. Né en 1936, il fut assassiné le 8 août 1992, à Bonn en Allemagne à son domicile. Il fut découpé en morceaux et sa tête et ses testicules envoyés à sa famille.
Le plus célèbre de tous, fut Ali Akbar Saidi Sirjani dit Saidi Sirjani (1931-1994) (“Under the Cloak of Hypocrisy“), il fut arrêté le 14 mai 1994 et il est mort en prison dans des circonstances non élucidées accusé de crimes d’espionnage et d’homosexualité.
Vidéo de Saidi Sirjani

Plusieurs rapports témoignent de l’application de la peine de mort pour homosexualité, et cette sentence a souvent été appliquée contre des dissidents, elle constitue un moyen de pression contre l’opposition politique comme pour les homosexuels.
D’après la Boroumand Foundation, il y eut entre 1979 et 1990 au moins 107 exécutions pour des comportements homosexuels. D’après Amnesty International, au moins 5 homosexuels dont deux femmes furent exécutés publiquement en janvier 1990. En Avril 1992, le Docteur Ali Mozafarian, un leader sunnite de la province de Fars (Sud Iran), fut exécuté à Shiraz après avoir été convaincu d’espionnage, adultère, et sodomie. Sa confession enregistrée sur cassette fut diffusée à la télévision à Shiraz et dans les rues de Kazerun et de Lar. Le 12 Novembre 1995, sur le verdict de la huitième branche judiciaire de Hamadan et sur la confirmation de la Cour suprême d’Iran, Mehdi Barazandeh, aussi connu sous le nom de Safa Ali Shah Hamadani, fut condamné à mort. Les autorités judiciaires annoncèrent que les crimes de Barazandeh étaient des actes répétés d’adultère et “de sodomie obscène”. Le verdict de la Cour fut appliqué sous la forme de lapidation. Barazandeh appartenait à la secte Khaksarieh de Dervishes (Journaux de la république islamique, 14 Novembre 1995 et rapport dans le magazine Homan, 10 Juin 1996). L’exécution d’Ali Sharifi fut rapportée à Hamadan pas le Washington Blade en 1998. Sharifi fut pendu pour homosexualité, adultère, consommation d’alcool, et vente de drogue.
En 2005, les deux très célèbres jeunes adolescents, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni furent tous deux condamnés à mort pour ce que certains groupes de défense des Droits de l’homme appelaient “relation homosexuelle consensuelle”.
4000 personnes ont statistiquement été exécutées en Iran depuis 1979 pour homosexualité et lesbianisme.

Le 22 juillet 2007, six hommes sur 12 furent pendus pour, entre autres chefs d’inculpation, “sodomie”.



Iran : Saghi Ghahreman – Scandale journalistique et mensonge utile
August 7, 2007, 2:07 am
Filed under: Féminisme, Gay, Ghahreman, Homosexuality, Iran, Lesbian, Lesbianisme, LGBT, Presse, Queer, Taghieh

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L’Iran interdit de publication l’entretien d’une poétesse iranienne exilée au Canada, sous le prétexte qu’elle est lesbienne.
L’Iran a interdit le quotidien Shargh pour la deuxième fois dans l’année après qu’il édite bientôt un entretien avec Saghi Ghahreman accusée d’être une activiste homosexuelle.
Shargh (qui appartient à Hachemi Rafsandjani) est le journal favori des “libéraux” iraniens, et cela succède à fermeture le mois dernier d’un autre quotidien Mihan.
Mehdi Rahmanian, directeur de Shargh, indique que cela n’a pas été encore officiellement annoncé, mais les “observateurs de la presse” ont demandé l’interdiction.
“Ils ont dit elle a eu des problèmes moraux, ils disent qu’elle est homosexuelle. Mais nous avons parlé en tant que poétesse.”
Le quotidien Kayhan, extrémiste, a indiqué que Ghahreman était la tête “d’une organisation iranienne d’homosexuels” et d’un groupe de “fugitifs contre-révolutionaires.”
“Les médias pensent que les observateurs croient que Shargh a interviewé cette homosexuelle à cause de la corrélation entre son identité sexuelle et des personnalités dissidentes du porno.”
L’homosexualité est strictement illégale dans la république islamique et théoriquement punissable par la mort.
Shargh était seulement ressorti en mai après eu une interdiction de neuf mois pour une caricature de Mahmoud Ahmadinejad.
Lundi, le journal a présenté des excuses en première page, pour dire il avait été “ignorant des traits personnels de cette personne” et à l’avenir “éviterait de telles personnes et de tels courants.”
Saghi Ghahreman n’a fait aucune référence explicite à l’homosexualité dans l’entretien mais avait indiqué que “les frontières sexuelles doivent être flexibles… L’immoral est imposé par la culture au corps.”

Source : ABC News

Attention : Il peut s’agir ici de désinformation, méthode appelée : “mensonge utile” (Taghieh), où la contre-information précède l’information (le journal n’a rien publié) et sert au régime pour créer des polémiques sur les sujets brûlant, ici le lesbianisme et l’homosexualité, associés à la post-pornographie.

D’un autre côté, Saghi Ghahreman savait à qui appartient Shargh et son entretien est aussi une intrigue.

Voir Interview d’elle en 2005 où elle affirme son hétérosexualité.
Article d’Iran-Resist sur le sujet.