Spartakus, queer et subversif


Salah, jeune gay marocain, a obtenu l’asile politique en Italie
September 18, 2007, 7:48 am
Filed under: 2007, Asile, Asylum, Gay, Homophobia, Homophobie, Homosexuality, Italy, LGBT, Maroc, Queer

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La storia A Salah, marocchino, è stato appena riconosciuto l’asilo politico in Italia
«Gay, musulmano. E rifugiato»

Salah, jeune gay marocain, a obtenu l’asile politique en Italie.

Paola Bonatelli, Vérone, 14 septembre 2007.
Salah Mreda, 25 ans, marocain, homosexuel, a obtenu il y a quelques jours le statut de réfugié en Italie. La Commission Territoriale qui évalue les demandes d’asile l’a retenu apte, parce que dans son pays l’homosexualité est punie. Il avait fui le Maroc après une détention de quelque mois et une condamnation pour “actes sexuels contre nature”. En Italie (données fournies de l’UNHCR, l’agence de l’Onu pour les réfugiés), ils sont une quarantaine de personnes homosexuelles extracommunautaires qui ont obtenu l’asile ou une permission humanitaire en vertu de leur orientation sexuelle. Mais ils sont peu à vouloir raconter leur histoire. Salah a choisi de le faire. “Je me suis aperçu que j’étais homosexuel à mon adolescence. J’aimais danser et me travestir, lorsque je regardais des films, je ne voyais que les hommes. À 17 ans j’ai commencé à rencontrer d’autres garçons mais je vivais dans l’ombre parce que les gens ne comprennent pas. Il y a tant de gays au Maroc. Même à Marrakech, tu peux rencontrer quelqu’un mais si la police t’arrête, tu as des ennuis. Tout doit être fait en cachette et c’est même un problème pour entrer dans les maisons. S’ils te trouvent efféminé, tu peux prendre deux ou trois mois de prison. S’ils te prennent avec quelqu’un, la condamnation est de six mois. Naturellement, si tu as de l’argent, ils t’abaissent la peine, mais de toute façon le problème subsiste. À Marrakech, il y avait un bar-discothèque, pas totalement gay, mais où la plupart des clients étaient homosexuels. Il y avait beaucoup de touristes, surtout des Français. Un policier travaillait dans ce local, il photographiait les garçons qui entraient et il y avait même la possibilité de contrôler les identités car à l’entrée ils demandaient les papiers. Après environ un an, ils ont eu assez d’informations pour pouvoir fermer la discothèque et arrêter les propriétaires, deux Français, qui ont été ensuite condamnés à deux et quatre ans de prison. Il y avait même un militaire marocain, homosexuel, qui a pris quatre ans. Ils ont cherché et ils ont contrôlé les clients. J’étais un de ceux-ci, ils m’ont suivi pendant quelques jours, ils m’ont photographié. Je travaillais dans un hôtel et je fréquentais l’école hôtelière. Un soir, je suis allé à la maison de deux amis français et la police est arrivée : ils ont trouvé des préservatifs, un tube de gel et, sur mon cellulaire, des messages affectueux. Ils nous ont amenés en commissariat, où pendant quatre jours ils m’ont laissé sans nourriture, menacé et malmené. Ensuite ils m’ont emprisonné et poursuivi en justice. Ils m’ont condamné à cinq mois de prison mais comme j’avais déjà effectué une partie de la peine, j’ai réussi à sortir. Ma famille a su que j’étais gay lorsque j’ai été mis en prison. Mes amis français m’ont aidé à sortir du Maroc. Je suis allé à Modène chez mon oncle, ensuite je suis venu à Turin. Les activistes du groupe Abele, ont pris un avocat, qui a réussi à obtenir toute la documentation des procès que j’avais eus au Maroc. J’ai raconté mon histoire et j’ai été accueilli comme réfugié. Maintenant j’habite à Turin, je travaille comme assistant pour les personnes âgés, je me suis inscrit dans une école d’informatique. Je ne veux plus revenir dans mon pays, je parle avec ma mère au téléphone, elle ne veut pas accepter mon homosexualité et elle me propose de me marier. Tu peux changer, dit-elle…”

Transmis par Anne’s Door



Solidarité homosexuelle : Les Bangas de Tjenbé Rèd

Communiqué de Tjenbé Rèd : Jeunes LGBT à la rue – Tjenbé Rèd interpelle les pouvoirs publics et lance le programme «Les Bangas de Tjenbé Rèd»

Paris, le jeudi 30 août 2007
En juin dernier, le magazine Têtu évoquait les jeunes personnes SDF lesbiennes, gaies, bi & trans (LGBT), mises à la porte ou menacées par leurs familles. Depuis quatre mois, ce fait de société est notre réalité. Fondée le 1er mai dernier seulement, l’association Tjenbé Rèd a en effet déjà reçu plusieurs appels au secours de jeunes LGBT d’origine antillaise ou africaine. Les circonstances sont souvent les mêmes : ces jeunes commencent à vivre leur propre vie, leurs familles fouillent leurs chambres et découvrent des lettres ou des magazines ; parfois des menaces de mort plus ou moins voilées sont proférées ou l’expulsion du domicile familal est prononcée. Aujourd’hui, Tjenbé Rèd héberge ainsi deux jeunes d’une vingtaine d’années. Problème : elle n’a pas à ce jour les moyens de pérenniser ce soutien. Elle doit les trouver d’urgence.

Ce constat renforce notre exigence de politiques publiques contre les homophobies, contre les suicides de personnes LGBT, pour le soutien aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles. En attendant que les pouvoirs publics s’impliquent, nous lançons notre propre programme communautaire : «Les Bangas de Tjenbé Rèd». Une banga, c’est une maisonnette provisoire qui permet aux jeunes Mahorais de quitter progressivement le domicile familial et d’entrer à leur rythme dans leur propre vie. Notre intention est ainsi de permettre, autant que possible, aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles d’éviter la rue et d’échapper notamment à la prostitution forcée. En ce sens, nous lançons un double appel :

1°/ Aux jeunes personnes LGBT concernées, afin qu’elles nous fassent davantage encore part de leurs témoignages et de leur besoins pour que nous puissions les aider d’abord, nous faire ensuite un avis le plus précis possible de leur réalité.

2°/ Aux personnes LGBT ayant les moyens de nous soutenir matériellement (une chambre d’amiEs ou un clic-clac dans le salon à mettre à disposition pendant 24 heures, une semaine, trois mois…), moralement (un peu de temps à donner ou une oreille à prêter…) ou financièrement (des sous pour payer une chambre d’hôtel, à manger, des tickets de métro…) afin que nous puissions accompagner ces jeunes personnes et organiser autour d’elles un véritable réseau de solidarité destiné à casser d’emblée la spirale de dégradation dans laquelle elles pourraient, encore sous le coup de la récente brutalité de leur famille biologique, entrer.

Contactez-nous au 06 10 55 63 60, par courriel à l’adresse contact@tjenbered.fr, par MSN à la même adresse électronique ou par courrier (Association Tjenbé Rèd, c/o David Auerbach Chiffrin, 113, bd Voltaire, Paris XIème).
N’hésitez pas : c’est pour une urgence.



Yasmin K. : Berlin-Téhéran, l’amour interdit est mortel

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Simultanément au cas de Pegah Emambakhsh au Royaume-Uni, une affaire similaire secoue l’Allemagne.

Article de Sandra Dassler dans “Das Tagesspiegel”, 16 août 2007.

Politique relative au droit d’asile : L’amour interdit peut être mortel
Berlin, la déportation menace une femme iranienne et elle est condamnée à la lapidation en Iran. Berlin doute de son homosexualité et de fait n’est pas reconnue comme raison d’asile.

Yasmin K. s’est enfuie à cause des lois inhumaines en Iran. – Photo : Doris Spiekermann-Klaas

Ses yeux foncés traduisent des nuits sans sommeil. Depuis que ses amis lui ont conseillé de ne plus rester dans son logement, parce qu’on pourrait la trouver et la déporter, Yasmin K. (nom modifié) ne dort plus. Cette Iranienne sensible sait ce qu’elle attend dans son pays, l’Iran : la mort par lapidation.

Cela semble dramatique, d’autant plus que le seul crime de Yasmin est sa façon de vivre : lesbienne. En 2006, un tribunal iranien a condamné Yasmin à la mort par lapidation. Pendant ce temps, elle s’était déjà enfuie.

Cette femme de 31 ans raconte son histoire avec hésitation, il est très rare de parler des choses sexuelles dans sa patrie, dans sa culture. À 14 ans, elle a découvert qu’elle aimait sa voisine. Ses parents les ont séparées quand ils l’ont remarqué. La mère de Yasmin lui a fait prescrire des comprimés – elle devait redevenir normale. Mais elle est restée sa partenaire et pour calmer sa famille et ses parents, elle a tout de même épousé un homme.
En octobre 2005, des membres de ce que l’on appelle les Comités Révolutionnaires qui veillent sur l’observation des coutumes islamiques, ont pénétré dans une célébration d’anniversaire de l’amie des Yasmin K. Tout le monde a été emmené en prison, excepté Yasmin grace à des relations de son père et elle a été laissée libre. “Il n’a jamais compris, pourquoi je suis différente, dit Yasmin, il m’a toutefois aimée malgré tout et il m’a aidée”. Elle pleure. Elle se souvient de son évasion pendant des semaines par la Turquie, et à ses premières semaines seule à Berlin.

Elle a espéré alors recevoir un asile. Mais pour les autorités son histoire est une “légende”. Justifiée par le fait que la mère de Yasmin lors d’une enquête par les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères a nié l’homosexualité de leur fille. C’est absurde, ils ne pouvaient pas répondre honnêtement à des questions dont les réponses auraient été mortelles.

Nous espèrons maintenant obtenir encore une protection provisoire dans le cadre de la procédure d’asile. Celui-ci a été refusé à Yasmin au tribunal administratif de Berlin. L’asile pourrait être rejeté à tout moment.

Dans le code pénal iranien, la punition pour homosexualité est la mort.

Il y a deux ans, deux garçons homosexuels mineurs ont été pendus, et Hamid Nowrazi de l’association des réfugiés iraniens de Berlin dit : “On exécute publiquement et encore récemment.”
Traduction HJL



Sizakele Sigasa et Salome Masooa assassinées, Liberation 4 all Africans

L’IGLHRC et «Liberation 4 all Africans» (Libération pour tous les Africains) mène une veille (vigil) pour honorer les activistes LGBT assassinées et pour protester contre les crimes contre les lesbiennes en Afrique du Sud. L’IGLHRC soutient le travail d’autres organismes d’activistes en diffusant les informations importantes sur les questions des droits de l’homme affectant les communautés LGBT dans le monde entier.
(New York, 8 août 2007) – Le 14 août 2007, les membres de «US-Based Liberation 4 all Africans Committee» tiendront un vigil pour protester contre le taux croissant de crimes contre les activistes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) et de HIV/SIDA en Afrique du Sud, et dans tout le continent.
Exaspérés, par le double meurtre non résolu le 7 août 2007, de Sizakele Sigasa et Salome Masooa, en solidarité avec le «Joint Working Group», «The Alliance for Campaign 07-07-07», tous les organismes LGBT d’Afrique, les groupes des droits LGBT internationaux et toutes «personnes de conscience» autour du monde condamnent l’impunité avec laquelle des crimes de haine contre des Africains LGBT sont commis.
Nous honorons les vies de Thokozane Qwabe, Sizakele Sigasa, Salome Masooa, Simangele Nhlapho, Madoe Mafubedu, Zoliswa Nonkonyana, Eddy Fannyann, Erelu Oludare Odumuye et tout ceux qui sont morts en raison des crimes de haine et/ou du manque d’accès aux médicaments et aux soins du HIV. Nous nous joignons aux familles et aux amis de toutes les victimes et survivants des crimes de haine en exigeant des investigations complètes et opportunes sur tous les cas rapportés, et la condamnation de tous les malfaiteurs de ces actes ignobles. Nous nous joignons aux communautés LGBT d’Afrique du Sud, lors de la journée nationale des femmes, 9 août 2007, et nous réclamons l’arrêt de toutes formes de violence contre les femmes et les jeunes filles, les personnes « non conformes de genre », et les membres des communautés LGBT. Nous exigeons des services médicaux décents et des traitement pour les personnes qui vivent avec le HIV/SIDA, et la fourniture du «post-exposure prophylaxis» (PEP) pour les victimes de viol.
Après avoir été encouragés en 1996, par de la nouvelle déclaration des droits sud-africaine prévoyant la non-discrimination sur le genre et l’orientation sexuelle, nous sommes profondément déçus par la tendance naissante du silence des délégations sud-africaines de l’ONU au sujet des Droits Internationaux LGBT, et plus récemment le 20 juillet 2007, au Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC). Nous ne resterons pas passifs au sujet des vies de nos leaders les plus courageux et marginalisés.

Contact : Kagendo Murungi : +1-646-287-5394
email : kagendo2003@yahoo.com
Doyin Ola : +1-917-952-0347 ; email : doyino@hotmail.com
«Liberation 4 all Africans» est un comité de lesbiennes africaines, gays et transgenres basé aux USA.
http://www.myspace.com/liberation4allafricans
africanliberation@gmail.com



Fereydoun Farrokhzad – Hamrazmanam