Spartakus, queer et subversif


Message de Pegah Emambakhsh

A message from Pegah Emambakhsh to all the groups and people who are helping her.

Thanks to a wonderful person, an Iranian woman who lives in Italy and who has been working for many years in the field of human rights, a friend we are proud to have among the members of the EveryOne Group, we are in almost daily contact with Pegah who is imprisoned in Yarl’s Wood prison.

Today,
September 8th, 2007, Pegah has sent through this mutual friend a message for all the groups, activists, politicians and everyday people who are trying to solve her case.

”Dear friends, as you well know, I am having a difficult time right now, with no assurances for the future and with a lot of pain in my soul. I cannot deny that I am still very frightened, and the separation from my beloved children hurts so much that at times it seems unbearable. You don’t know how much of a comfort it is to me to know that you are out there. You don’t even know me, yet you are working for my cause, sticking your necks out and fighting for me, you write to me and send me wonderful flowers. I wasn’t expecting anything like this. Even many of the Iranians I was in contact with here in the United Kingdom abandoned me when they found out the reason I had applied for asylum. I haven’t heard from them since, they don’t want anything to do with me. I never imagined there were groups like you around. I hope the future offers me the opportunity to meet each and every person who has shown me so much friendship. I am feeling much calmer, I am happy to have all this protection, all this love that instils in me new energy and a desire to go on living. My dear friends, I am taking good care of the flowers you sent me. I am so proud of them! They have aroused a bit of jealousy in the other women here at Yarl’s Wood. I read the letters and postcards you have sent me over and over again. I have had a lot of time to think about what is happening to me and, in spite of not feeling ready to speak in public yet, once I get out of here I want to do something for humanity. Many thanks to you all.
Pegah Emambakhsh”.

Everyone Group – Roberto Malini, Matteo Pegoraro, Dario Picciau, Ahmad Rafat, Steed Gamero, Arsham Parsi, Fabio Patronelli, Glenys Robinson, Salvatore Conte
roberto.malini@annesdoor.com



Appel urgent au Conseil de l’Europe pour Pegah Emambakhsh

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Rome, 3 septembre 2007
Un nouvel appel pressant en faveur de Pegah Emambakhsh a été envoyé au Conseil de l’Europe. Le groupe Every One a écrit au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, et au Vice-secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Maud de Boer Buquicchio, en demandant formellement d’intervenir rapidement sur le cas de la citoyenne iranienne pour sa désincarcération immédiate et de faire pression afin qu’on lui concède l’asile définitif.
Jusqu’ici les propositions d’asile des personnalités politiques italiennes à travers le canal diplomatique et la pression sur le gouvernement britannique pour offrir son secours à Pegah qui demande asile selon la convention de l’ONU de Genève de 1951 (et le protocole additionnel de 1967) relative au statut de réfugié ont été nombreuses. Puis, il y a quelques jours, Londres a décidé d’expatrier la réfugiée dans la République Islamique.
Dans son pays, Pegah est d’abord condamnée à 100 coups de fouet avec un nerf semi-rigide et lacération (une punition qui blesse le corps de la condamnée et qui souvent s’avère mortelle par hémorragie interne) puis à la phrase de lapidation, puisqu’elle s’est déclarée lesbienne et a demandé notre aide, attitude que la loi iranienne accuse d’immoralité et de conspiration, deux crimes capitaux. D’ailleurs le code pénal local considère aggravant le fait que Pegah ait été mariée : une femme mariée qui se rend coupable d’«actions immorales» avec une personne du même sexe, est de fait condamnée à mourir, précipitée du haut d’une falaise.
Quelques jours avant le départ de Pegah, l’association Assist de Sheffield a contacté quelques groupes et, en particulier, l’IRQO (Iranian Queer Organization) et le groupe Every One (Italie), faisant naître une campagne internationale, répandant des appels, envoyant des articles à la presse et aux sites d’information libre, et des personnalités politiques et intellectuelles importantes se sont impliquées. La réponse internationale a été formidable : ces voix sont parvenues au Royaume-Uni, au vrai seigneur, le premier ministre britannique Gordon Brown. Le « vol de la mort » de Brittish Airways a été donc annulé au dernier moment.
Les media italiens ont consacré leurs premières pages et de larges espaces au cas de Pegah, le maire de Venise, Massimo Cacciari, et celui de Rome, Walter Veltroni, ont offert l’asile et une maison à la réfugiée, de nombreux parlementaires ont soulevé le problème sur la scène politique et quelques ministres ont lancé au Royaume-Uni une proposition pour recevoir Pegah en Italie.
Le chef de l’Office politique de l’Ambassade Britannique à Rome, au nom du Royaume-Uni, a convoqué les activistes du groupe Every One, Roberto Malini, Matteo Pegoraro, Dario Picciau et Steed Gamero, leur assurant que le cas serait évalué dans le plein respect de la convention de Genève et de la Déclaration des Droits de l’Homme qui garantissent le respect, la dignité et la vie de la réfugiée.

Esteri, pour ADN Kronos International.
Traduction : HJL, 4 septembre 2007.



Action : Des fleurs pour Pegah – Flowers for Pegah

Dimanche, 20:00 : Dernière minute, des centaines de bouquets sont arrivés à Yarl’s Wood et ont mis en crise les gardes, c’est une nouvelle façon de protester à laquelle le Royaume-Uni n’est pas habitué.
Roberto Malini.

Action : Des fleurs pour Pegah

Envoyez des fleurs à Pegah Emambakhsh
Pegah Emambakhsh est complètement déprimée et abattue.
Jusqu’à maintenant sa vie n’a été que douleur, crainte et mort.
Elle est une femme aimable, réservée, spirituelle et optimiste, mais le monde jusqu’à maintenant ne lui a offert que la discrimination, la haine, la persécution, l’humiliation, l’injustice et l’emprisonnement. Même maintenant que son drame est connu partout dans le monde, même maintenant que nous pensons très fort à elle, à son futur, elle est parquée dans une prison froide, sans intimité, sans amour ou chaleur humaine.
Chers amiEs, soutenons-la pour qu’elle ressente notre amour, lui exprimer que nous ne sommes pas tous les mêmes, que des personnes amicales existent, qui croient en la fraternité et en la solidarité.
Envoyez-lui une fleur ou un bouquet de fleurs par n’importe quel service d’expédition de fleurs : roses, lys ou gerberas. Des fleurs de toutes les couleurs, parfumées comme la vraie justice.
Roses et asile pour Pegah !
Les envoyer à l’adresse suivante :
Pegah Emambakhsh
Yarl’s Wood Immigration Removal Centre, Twinwood Road,
Clapham, Bedfordshire MK41 6HL,
United Kingdom
Telephone 01234 821000
Every One Group, Roberto Malini
roberto.malini@annesdoor.com

http://www.annesdoor.com/

PS : Ou écrire, ou envoyer tout soutien.

Send flowers to Pegah Emambakhsh
Pegah Emambakhsh is completely worn out. Till now her life has been characterized by pain, fear and death. She is a nice, reserved, religious and optimistic woman, but the world till now has offered her just discrimination, hatred, persecution, humiliation, injustice and imprisonment. Even now that her drama is known all over the world, even now that in many we pray for her, for her future, she’s penned in a cold prison, without privacy, love or human warmth. Dear friends, let’s make her to feel our love saying her that we’re not all the same persons, that good persons exist, people who believe in brotherhood and solidarity. Send her a flower or a bunch of flowers with any flowers shipment service: Roses, Lilies or Gerberas. Flowers of all the colours, perfumed like the justice.
Roses and Asylum for Pegah!
Send her flowers to the following address:
Pegah Emambakhsh
Yarl’s Wood Immigration Removal Centre, Twinwood Road,
Clapham, Bedfordshire MK41 6HL,
United Kingdom
Telephone 01234 821000
Every One Group, Roberto Malini
roberto.malini@annesdoor.com



Pegah : L’Angleterre joue avec nos nerfs, Hans Gert Pöettering contraint d’écrire à Gordon Brown

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Bruxelles, 30 août 2007.
Le président du Parlement Européen, Hans Gert Pöettering, a accepté de prendre en considération le cas de Pegah Emambakhsh, la lesbienne iranienne qui risque l’expulsion du Royaume-Uni vers Iran.
Après une proposition de l’Italien Giusto Catania (PRC), Membre du Parlement Européen (MEP), qui représente le groupe parlementaire “European United Left / Nordic Grenn Left” (GUE/NGL), faite aujourd’hui lors de la “Conférence des Présidents”, Hans Gert Pöettering a écrit directement à Gordon Brown, le premier ministre britannique.
La proposition a été soutenue par Graham Watson, le président du groupe libéral au Parlement Européen.
Le “British Home Office” refuse toujours d’accepter l’asile de Pegah Emambakhsh.
“Elle risque violences et tortures physiques, et sans aucun doute la mort, en raison du refus de Londres de lui accorder le statut du réfugiée politique pour “discrimination sexuelle””, a expliqué le GUE/NGL dans un rapport, ce soir.

Giusto Catania rajoute : “Hans Gert Pöettering a le devoir de convaincre Gordon Brown que l’expulsion de Pegah vers l’Iran constituerait une violation sérieuse des droits de l’homme et des conventions internationales et apporterait la honte non seulement sur un pays comme la Grande-Bretagne mais également sur l’Union Européenne dans son ensemble.”
“J’ai suggéré au Président qu’il souligne la bonne volonté de l’Italie d’accueillir Pegah
Emambakhsh qui n’est coupable d’aucun crime. Nous soutenons fortement Pegah et je suis sûr que tous les Parlementaires Européens vont continuer à suivre son cas très de près”, conclut Giusto Catania.
Traduit de UK Gay News
NB : Pegah Emambakhsh est toujours en détention.

À lire : “The case of Pegah Emambakhsh and the new frontiers of Human Rights” par Roberto Malini



Solidarité homosexuelle : Les Bangas de Tjenbé Rèd

Communiqué de Tjenbé Rèd : Jeunes LGBT à la rue – Tjenbé Rèd interpelle les pouvoirs publics et lance le programme «Les Bangas de Tjenbé Rèd»

Paris, le jeudi 30 août 2007
En juin dernier, le magazine Têtu évoquait les jeunes personnes SDF lesbiennes, gaies, bi & trans (LGBT), mises à la porte ou menacées par leurs familles. Depuis quatre mois, ce fait de société est notre réalité. Fondée le 1er mai dernier seulement, l’association Tjenbé Rèd a en effet déjà reçu plusieurs appels au secours de jeunes LGBT d’origine antillaise ou africaine. Les circonstances sont souvent les mêmes : ces jeunes commencent à vivre leur propre vie, leurs familles fouillent leurs chambres et découvrent des lettres ou des magazines ; parfois des menaces de mort plus ou moins voilées sont proférées ou l’expulsion du domicile familal est prononcée. Aujourd’hui, Tjenbé Rèd héberge ainsi deux jeunes d’une vingtaine d’années. Problème : elle n’a pas à ce jour les moyens de pérenniser ce soutien. Elle doit les trouver d’urgence.

Ce constat renforce notre exigence de politiques publiques contre les homophobies, contre les suicides de personnes LGBT, pour le soutien aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles. En attendant que les pouvoirs publics s’impliquent, nous lançons notre propre programme communautaire : «Les Bangas de Tjenbé Rèd». Une banga, c’est une maisonnette provisoire qui permet aux jeunes Mahorais de quitter progressivement le domicile familial et d’entrer à leur rythme dans leur propre vie. Notre intention est ainsi de permettre, autant que possible, aux jeunes personnes LGBT mises à la porte ou menacées par leurs familles d’éviter la rue et d’échapper notamment à la prostitution forcée. En ce sens, nous lançons un double appel :

1°/ Aux jeunes personnes LGBT concernées, afin qu’elles nous fassent davantage encore part de leurs témoignages et de leur besoins pour que nous puissions les aider d’abord, nous faire ensuite un avis le plus précis possible de leur réalité.

2°/ Aux personnes LGBT ayant les moyens de nous soutenir matériellement (une chambre d’amiEs ou un clic-clac dans le salon à mettre à disposition pendant 24 heures, une semaine, trois mois…), moralement (un peu de temps à donner ou une oreille à prêter…) ou financièrement (des sous pour payer une chambre d’hôtel, à manger, des tickets de métro…) afin que nous puissions accompagner ces jeunes personnes et organiser autour d’elles un véritable réseau de solidarité destiné à casser d’emblée la spirale de dégradation dans laquelle elles pourraient, encore sous le coup de la récente brutalité de leur famille biologique, entrer.

Contactez-nous au 06 10 55 63 60, par courriel à l’adresse contact@tjenbered.fr, par MSN à la même adresse électronique ou par courrier (Association Tjenbé Rèd, c/o David Auerbach Chiffrin, 113, bd Voltaire, Paris XIème).
N’hésitez pas : c’est pour une urgence.



Message de Friends of Pegah Campaign
August 29, 2007, 10:09 am
Filed under: 2007, Emambakhsh, Féminisme, Gay, Iran, Lesbian, Lesbianisme, LGBT, Pegah, Pegah Emambakhsh, Prison, Prisoner, UK

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Message aux associations, aux groupes et aux amis de Pegah Emambakhsh
29/08/2007 de lamanicatagliata.com

Pegah Emambakhsh a donné plein mandat au bureau d’étude qui s’occupe de son cas au Royaume-Uni.
Pour l’heure nous devons attendre et baisser le ton.

«Friends of Pegah Campaign», «Les amis de campagne de Pegah», l’association qui traite les intérêts de Pegah Emambakhsh à Sheffield, Royaume-Uni, demande à l’organisation des droits de l’homme «Every One Group» de communiquer ce message aux institutions, aux organismes, aux associations et aux activistes, avec prière de suivre scrupuleusement les demandes formulées.
En premier lieu les «Les amis de campagne de Pegah» souhaitent remercier tous ceux qui ont pris l’initiative, organisations, activistes ou autres institutionnels, de participer activement à la campagne en faveur de Pegah Emambakhsh. Les fruits de leur engagement sont d’une valeur humaine incalculable. Suite à la rencontre avec le personnel du Ministère Public qui traite de Pegah Emambakhsh, hier matin, 28 août 2007, et suite à la présentation du cas à l’Agence des Frontières et d’Immigration par une partie de l’équipe juridique qui la représente, nous déclarons être totalement satisfaits de la «représentation légale et politique».
Pour que cet appui extraordinaire se perpétue dans une atmosphère sereine, marquée par le respect de la dignité, pour un développement régulier du processus, nous sommes certains que vous aurez tous la courtoisie et un comportement d’une délicatesse extrême lors des prochains développements, respect nécessaire pour le cas de Pegah Emambakhsh : nous devons respecter la procédure et les décisions et stratégies de ses avocats représentants. Maintenant nous devons être patients avant de connaître les prochaines évolutions et nous pensons qu’une publicité supplémentaire n’est pour l’heure ni utile ni nécessaire au cas de Pegah.
Naturellement nous vous tiendrons informés constamment de tous les développements chaque fois que ce sera possible. Nous sommes immensément reconnaissants de la ferveur et des actions exceptionnelles en faveur de Pegah Emambakhsh : votre appui s’est avéré essentiel.
Merci à chacun de vous.
Les amis de campagne de Pegah (Royaume-Uni)



Interview de Pegah Emambakhsh – Plutôt mourir que retourner en Iran

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Interview de Pegah Emambakhsh : Plutôt mourir que retourner en Iran
La Repubblica, 26 agosto 2007
Auteur: Paola Coppola
Titre: «Meglio morire che tornare in Iran»

Pegah Emambakhsh a peur. Elle sait que raconter son histoire peut lui coûter la vie. Elle l’a fait devant un juge et on ne l’a pas cru. Et toujours redire qu’elle ne veut pas retourner en Iran, revivre une expérience terrifiante : l’évasion, une attente de deux ans, le rêve d’une vie vécue à la lumière de son homosexualité, puis la prison et la terreur de revenir dans ce pays où elle a laissé deux fils, nés d’un mariage forcé, et le souvenir de son ancienne compagne, qu’il a été arrêtée, torturée et condamnée à la lapidation. Pegah est éprouvée. Le 13 août, elle a été incarcérée au centre de détention de Yarls Wood près de Sheffield, où elle a tenté de s’ôter la vie. Elle est fatiguée, mais depuis quelques jours, elle a recommencé à espérer que finalement, mardi prochain, elle ne montera pas dans cet avion de la British Airways en direction de Téhéran.
Cela fait deux ans qu’elle est déchirée entre le désir de vivre dans un pays libre et la crainte de devoir retourner en Iran. Comment a-t-elle vécu, jusqu’ici, cette attente ?
«Je suis fatiguée. Au début, j’étais pleine d’espoir, même si j’étais préoccupée pour mon père et que mes fils me manquent. J’avais appris que le Royaume-Uni était un pays ouvert, un pays qui reçoit tout le monde. Par conséquent, j’ai décidé de venir ici et j’ai demandé l’asile. À Sheffield, j’ai trouvé des amis qui m’ont aidée. De temps en temps, il m’a semblé que tout allait pour le mieux et que ma demande allait être acceptée, à d’autres moments, ils me disaient l’inverse, que le Home Office ne m’avait pas cru et qu’ils me forceraient à retourner en Iran. En ces moments-là, j’ai désiré mourir.»

Selon toi, pourquoi, est-ce qu’ils ne t’ont pas cru ?
«Je ne le sais pas. Je me suis échappée parce que je suis une femme lesbienne, parce que j’avais moi-même de l’amour pour une autre femme et que c’était de plus en plus difficile de nous cacher. Puis elle, elle a été arrêtée. Là, si je ne m’étais pas trouvée dans cette situation, je ne serais pas partie, parce que je suis très attachée à ma terre et que je voulais le bonheur de mes fils. Eux, ici, ils voulaient des preuves, mais je ne savais pas quelles preuves apporter».
As-tu eu des nouvelles de ta compagne après son arrestation ?
«Oui. elle a été interrogée et condamnée à la lapidation, parce qu’elle a été jugée comme une femme immorale. J’ai toujours beaucoup de mal à parler d’elle».

Sur son cas un mouvement a été créé : beaucoup de personnes, des proches, ont souffert avec elle, ont protesté, ont envoyé de lettres au Home Office, aux gouverneurs, aux ambassades. Ils demandaient au Royaume-Uni de lui accorder l’asile parce que cela leur semblait juste.
Tu as du te sentir moins seule ?
«Oui, ces voix m’ont aidée à espérer toujours plus. Mais quand ils m’ont emmenée à Yarls Wood, je n’ai fait que penser à la mort. Je n’ai plus eu de foi et j’ai souhaité mourir pour ne pas retourner en Iran où quelque chose m’attendait, de beaucoup plus dur, et de beaucoup plus douloureux que la mort. Je crois en la bonté de Dieu et à un moment, est arrivé un miracle.
»
«Pegah», m’a dit un jour au téléphone, un de mes amis, «tout le monde parle de toi. Un mouvement est né qui demande à te sauver la vie. Ton nom est dans journaux, sur Internet, ton nom est dans la bouche de tous». Tant de personnes se sont intéressées à moi, même un membre du Parlement anglais ! J’ai non seulement découvert avoir des amis dans les mouvements anglais pour les droits des homosexuels, mais également en Italie. La personne qui me suit ici et qui m’aide à Sheffield a donné un nom pour ces personnes : Friends of Pegah Campaign, Les Amis de campagne de Pegah.
En Iran les homosexuels sont obligés de se cacher parce que s’ils sont découverts, ils risquent la torture, et la douleur de cent coups de fouet et, s’ils récidivent, c’est la lapidation ou la pendaison.»
Les gays et les lesbiennes iraniens suivent son cas avec ferveur et ils la considèrent comme un symbole.
Que ressens-tu en pensant à eux ?
«Souci et angoisse. J’espère seulement que les choses vont changer, que les lois vont changer».
As-tu un message pour les autorités qui peuvent accorder asile aux homosexuels ?
«De sauver leur vie ».
Elle a été condamnée en raison de sa façon d’aimer, seulement parce qu’elle est differente de celle de la majorité. Elle a eu le courage de le dire à tout monde.
Que représente pour toi l’amour ?
«C’est la chose la plus importante. Grâce à l’amour, la plupart des hommes et des femmes créent une famille et réalisent leur vie. Ce fut l’amour qui a guidé ma vie et quoi qu’il arrive, ce sera l’amour qui me guidera.».
Si ton épreuve se conclut favorablement et que tes droits sont reconnus, as-tu déjà pensé au futur, et quels rêves voudrais-tu réaliser ?
«Je voudrais marcher au milieu des gens, m’observer au dessus de mes épaules, et répéter à l’intérieur de moi-même :
Je suis libre.»

Traduction HJL, 27 août 2007.
Merci au Groupe Every One, merci à La Manica Tagliata.

Compte-rendu du sit-in de Rome par Michael Petrelis
Vidéos du sit-in de Rome